Femme accompagnant sa mère âgée dans un salon lumineux, moment intergénérationnel EHPAD
Publié le 30 janvier 2026

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas un accompagnement personnalisé. Les tarifs, disponibilités et conditions d’admission varient selon les établissements. Contactez directement les EHPAD ou un conseiller spécialisé pour votre situation.

Quand Martine m’a appelé l’année dernière, elle était épuisée. Sa mère de 84 ans venait de chuter pour la troisième fois en deux mois, et le maintien à domicile devenait impossible. Elle avait contacté un seul EHPAD près de chez elle à Poissy : 18 mois d’attente. Soyons honnêtes, ce délai n’est pas une exception en Île-de-France. La bonne nouvelle ? Avec la bonne méthode, Martine a trouvé une place en quatre mois à Carrières-sous-Poissy. Ce guide vous explique comment faire pareil.

L’essentiel en 30 secondes

  • Délai moyen en Île-de-France : 6 à 12 mois (variable selon GIR et flexibilité géographique)
  • Stratégie gagnante : 5 à 8 candidatures simultanées via ViaTrajectoire
  • Aides cumulables : APA (jusqu’à 2 045€/mois) + APL/ALS + réduction fiscale
  • Tarif moyen 2025 : environ 2 630€/mois, plus élevé en Île-de-France
  • Premier réflexe : demander l’évaluation GIR + lancer la demande APA

Pourquoi c’est si difficile de trouver une place en EHPAD en Île-de-France

97,5%

Taux d’occupation moyen des EHPAD en France (données DREES 2023)

Ce chiffre explique tout. Quand la quasi-totalité des lits sont occupés, chaque départ crée une file d’attente. Dans mon accompagnement des familles en Île-de-France, je constate que les données DREES sur les délais EHPAD correspondent à ce que je vois sur le terrain : comptez 6 à 12 mois d’attente dans les Yvelines pour un établissement public. Les EHPAD privés commerciaux tournent plutôt entre 1 et 4 mois, mais le tarif grimpe.

Ce qui me frappe souvent chez les familles que j’accompagne ? Elles sous-estiment la tension. Poissy, Saint-Germain-en-Laye, Conflans-Sainte-Honorine : toute cette zone ouest des Yvelines est particulièrement demandée. La proximité de Paris, les transports (RER A, ligne J), les hôpitaux de référence comme celui de Poissy-Saint-Germain… Tout le monde veut y rester.

La recherche d’un EHPAD adapté demande méthode et anticipation



Le tarif moyen d’un EHPAD en France tourne autour de 2 630€ par mois selon les dernières données CNSA relayées par les comparateurs spécialisés. Mais attention, c’est une moyenne nationale. En Île-de-France, les établissements privés dépassent souvent les 3 000€, parfois 4 000€ dans les secteurs les plus cotés. Le secteur Poissy-Yvelines se situe plutôt dans la fourchette haute.

Je ne vais pas vous mentir : cette situation ne va pas s’améliorer à court terme. Le vieillissement de la population s’accélère, et les créations de places ne suivent pas. C’est pour ça que je recommande toujours d’anticiper, même quand le maintien à domicile semble encore gérable.

Les critères à définir avant de chercher un établissement

L’erreur la plus fréquente que je rencontre ? Se lancer dans les recherches sans avoir clarifié ses priorités. Une famille m’a dit un jour : « On veut le meilleur EHPAD possible. » Mais le meilleur pour qui, selon quels critères ? Le plus proche ? Le moins cher ? Le mieux équipé pour Alzheimer ? Ces trois critères donnent rarement le même établissement.

Avant de consulter les EHPAD à Poissy ou dans les communes voisines, prenez une heure en famille pour trancher sur ces points. Ça vous évitera des semaines de tergiversations.

Les 7 critères à définir avant de chercher



  • Distance maximale acceptable pour les visites régulières (30 min ? 1 h ?)


  • Budget mensuel disponible après déduction des aides prévisibles


  • Niveau de dépendance actuel et évolution prévisible (GIR déjà évalué ?)


  • Besoins médicaux spécifiques : unité Alzheimer, soins lourds, suivi psychiatrique


  • Préférences d’ambiance : petit établissement familial ou grande structure médicalisée


  • Degré d’urgence : placement immédiat post-hospitalisation ou anticipation à 6 mois


  • Situation administrative : APA déjà demandée, GIR déjà évalué, dossier médical à jour

Mon avis (qui n’engage que moi) : commencez par l’APA avant même d’avoir trouvé l’établissement. La demande peut prendre deux mois, et sans évaluation GIR vous ne savez pas vraiment quel montant d’aide espérer. C’est comme chercher un appartement sans connaître son budget.

Choisir votre stratégie de recherche selon votre situation

  • Si placement urgent (post-hospitalisation) :
    Élargissez immédiatement le périmètre géographique. Acceptez les EHPAD privés commerciaux pour leurs délais courts (1 à 4 mois). Vous pourrez demander un transfert plus tard.
  • Si anticipation (6+ mois disponibles) :
    Ciblez vos 3 établissements préférés en public ou associatif, moins chers. Inscrivez-vous en parallèle sur 2-3 établissements de secours.
  • Si besoin unité Alzheimer :
    Filtrez d’abord sur ce critère. Tous les EHPAD n’ont pas d’unité protégée, et les places y sont encore plus rares. Prévoyez 8 candidatures minimum.

Comment déposer un dossier et maximiser vos chances

Erreur à éviter absolument

Ne déposez jamais un seul dossier. Dans mon accompagnement des familles en Île-de-France, je constate que cette stratégie peut doubler vos délais d’attente. Ce constat est limité à mon périmètre (Yvelines, Hauts-de-Seine) et peut varier selon le niveau de dépendance et la flexibilité géographique.

Le dossier unique : ce qu’il contient vraiment

Bonne nouvelle sur ce point : vous n’avez plus besoin de remplir un dossier différent pour chaque établissement. La procédure officielle d’admission EHPAD passe désormais par ViaTrajectoire, une plateforme nationale. Un seul dossier, envoyé en un clic à plusieurs établissements.

Le dossier comporte deux volets. Le volet administratif : état civil, situation familiale, ressources, régime de protection si tutelle ou curatelle. Le volet médical : antécédents, traitements en cours, niveau d’autonomie. C’est le médecin traitant qui le remplit, pas vous.

Les EHPAD modernes misent sur des espaces de vie chaleureux et lumineux



Franchement, le piège classique c’est le volet médical incomplet. Si le médecin traitant ne connaît pas bien le patient, ou s’il tarde à remplir sa partie, tout le processus s’enlise. Je recommande toujours de prendre rendez-vous spécifiquement pour ça, avec les derniers comptes-rendus hospitaliers sous le bras.

La stratégie des 5 candidatures simultanées

Voici la méthode que je conseille systématiquement aux familles que j’accompagne. Elle m’a été inspirée par le dossier de Martine, celle du début de l’article.

Les 5 étapes pour maximiser vos chances

  1. Créez votre compte ViaTrajectoire

    Rendez-vous sur trajectoire.sante-ra.fr ou demandez le lien à l’assistante sociale de l’hôpital. L’inscription prend 10 minutes.

  2. Remplissez le dossier unique complet

    Volet administratif vous-même, volet médical avec le médecin traitant. Prévoyez 2 semaines pour boucler cette étape.

  3. Sélectionnez 5 à 8 établissements

    Mélangez : 2-3 établissements « rêve » (proches, tarif public), 2-3 établissements « réalistes » (légèrement plus loin), 2 établissements « filet de sécurité » (privés commerciaux, délais courts).

  4. Envoyez en un clic et suivez les réponses

    ViaTrajectoire permet le suivi en temps réel. Notez les dates de réponse dans un tableau, ça vous évitera de relancer au mauvais moment.

  5. Planifiez les visites dès la première réponse positive

    Ne tardez pas. Une proposition de place a souvent une date limite d’acceptation (10 à 15 jours en général).


  • Évaluation GIR par équipe médico-sociale ou médecin coordonnateur

  • Constitution dossier unique complet (ViaTrajectoire)

  • Envoi simultané à 5-8 établissements ciblés

  • Premiers retours des établissements, organisation des visites

  • Proposition d’admission (délai moyen constaté en IDF)

  • Entrée effective après période d’adaptation

Que faire si tous les établissements refusent

Ça arrive. Un refus ne signifie pas toujours « liste pleine ». Parfois, c’est le profil médical qui pose problème : troubles du comportement sévères, soins techniques trop lourds pour l’équipe en place. Dans ce cas, l’établissement préfère refuser plutôt que de mal accompagner.

Si vous essuyez plusieurs refus, je vous recommande de contacter le CLIC de votre secteur (Centre Local d’Information et de Coordination). Dans les Yvelines, le CLIC du Mantois ou celui de Saint-Germain peuvent vous réorienter vers des établissements mieux équipés, ou vers des solutions temporaires : hébergement temporaire, accueil de jour, renforcement du maintien à domicile le temps de trouver.

Cas concret : Martine et son mari atteint d’Alzheimer

J’ai accompagné Martine, 72 ans, dans sa recherche pour son mari atteint d’Alzheimer débutant. Premier établissement contacté à Poissy : 18 mois d’attente. Refus net. Elle m’a appelé découragée.

On a repris la méthode ensemble : évaluation GIR (résultat : GIR 3), demande APA lancée, puis 5 dossiers envoyés simultanément sur un périmètre élargi (Poissy, Carrières-sous-Poissy, Conflans, Maisons-Laffitte, Le Pecq). Quatre mois plus tard, proposition d’admission à Carrières-sous-Poissy. Tarif : 2 850€/mois, reste à charge après APA : environ 1 600€.

Les aides financières pour réduire le reste à charge

Attention au piège classique : sous-estimer le reste à charge parce qu’on a entendu parler des aides. L’APA, l’ASH, les APL… tout ça existe, mais ça ne couvre jamais 100% du tarif. Dans les dossiers que je vois, le reste à charge tourne souvent entre 1 200€ et 2 000€ par mois, même avec les aides. C’est rarement pile ce montant, ça dépend des ressources du résident et du tarif de l’établissement.

Voici le récapitulatif des principales aides. Cette liste n’est pas complète (il existe l’obligation alimentaire, des aides locales…), mais je me concentre sur l’essentiel.

Aides financières EHPAD : conditions et montants 2025
Aide Conditions principales Montant indicatif Cumulable avec Récupérable sur succession
APA en établissement GIR 1 à 4, sans condition de ressources 797€ à 2 045€/mois selon GIR APL, réduction fiscale Non
ASH Ressources insuffisantes, établissement habilité Variable selon ressources APL Oui (sur actif successoral > 46 000€)
APL / ALS Établissement conventionné CAF Variable selon ressources APA, réduction fiscale Non
Réduction d’impôt Frais d’hébergement et dépendance 25% des dépenses, plafond 10 000€/an APA, APL Non applicable

Les tarifs officiels CNSA 2025 fixent les montants maximum de l’APA selon le GIR : 2 045,56€ pour un GIR 1, 1 654,18€ pour un GIR 2, 1 195,67€ pour un GIR 3, 797,96€ pour un GIR 4. Attention, ce sont des plafonds. Le montant réel dépend aussi de vos ressources : au-delà d’un certain seuil, une participation reste à votre charge.

À retenir sur l’ASH

L’Aide Sociale à l’Hébergement peut sembler attractive, mais elle est récupérable sur la succession. Si votre parent possède un bien immobilier, le département pourra en demander le remboursement après son décès. À bien peser avant de la demander.

Pour les démarches d’aide au logement à Paris et en Île-de-France, la CAF reste l’interlocuteur principal. L’APL en EHPAD, c’est un peu comme l’APL classique : ça dépend des ressources, de la situation familiale et du tarif de l’établissement. Comptez 50€ à 200€ par mois en général, rarement plus.

Questions fréquentes sur les EHPAD à Poissy et en banlieue parisienne

Combien coûte un EHPAD à Poissy par mois ?

Dans le secteur Poissy-Yvelines, comptez entre 2 500€ et 4 000€ par mois selon le type d’établissement. Les EHPAD publics et associatifs se situent plutôt autour de 2 500-3 000€, les privés commerciaux entre 3 000€ et 4 000€. Le tarif moyen national 2025 est d’environ 2 630€ selon la CNSA, mais l’Île-de-France reste au-dessus de cette moyenne.

Quelles aides pour payer l’EHPAD de mes parents ?

Les principales aides sont l’APA (jusqu’à 2 045€/mois selon le niveau de dépendance), l’APL ou ALS versée par la CAF, et éventuellement l’ASH pour les revenus les plus modestes. La réduction d’impôt de 25% sur les frais d’hébergement complète le dispositif. Ces aides sont cumulables, mais elles ne couvrent pas la totalité du tarif. Le reste à charge moyen tourne autour de 1 200€ à 2 000€ par mois.

Combien de temps pour avoir une place en EHPAD en Île-de-France ?

Les délais varient fortement : de 1 à 4 mois pour les EHPAD privés commerciaux, jusqu’à 6 à 18 mois pour les établissements publics très demandés. En moyenne sur l’Île-de-France, comptez 6 à 12 mois. La stratégie multi-candidatures (5 à 8 dossiers simultanés) réduit significativement ce délai.

Peut-on choisir son EHPAD ou faut-il accepter le premier disponible ?

Vous gardez le choix. Une proposition d’admission n’est pas une obligation. Vous avez généralement 10 à 15 jours pour répondre, ce qui vous laisse le temps de visiter. Si l’établissement ne convient pas, vous pouvez refuser et rester sur les autres listes d’attente. Attention toutefois : refuser plusieurs propositions peut vous faire reculer dans les priorités de certains établissements.

Que faire si mon parent refuse d’aller en EHPAD ?

C’est la situation la plus fréquente et la plus délicate. Sauf mesure de protection juridique (tutelle, curatelle), vous ne pouvez pas forcer l’entrée en établissement. Je recommande souvent de commencer par un séjour temporaire (accueil de jour, hébergement temporaire de quelques semaines) pour dédramatiser. Le médecin traitant peut aussi jouer un rôle clé dans cette discussion. Ne restez pas seul face à ce blocage : les CLIC et les assistantes sociales hospitalières sont formés pour accompagner ces situations.

La prochaine étape pour vous

Si vous ne devez retenir qu’une chose de ce guide, c’est celle-ci : ne déposez jamais un seul dossier. En Île-de-France, la stratégie multi-candidatures fait toute la différence entre attendre 18 mois et trouver une place en 4 mois.

Plutôt que de conclure, posez-vous cette question pour la suite de votre recherche : avez-vous déjà fait évaluer le GIR de votre proche et lancé la demande d’APA ? Si non, c’est par là qu’il faut commencer. Sans cette étape, vous ne pouvez pas estimer votre budget réel ni prioriser les établissements adaptés au niveau de dépendance.

Dans les dossiers que j’accompagne, les familles qui anticipent ces deux points gagnent systématiquement du temps. Et dans cette course aux places disponibles, chaque semaine compte.

Rédigé par Laurent Fontaine, conseiller en orientation gérontologique exerçant en Île-de-France depuis 2018. Il a accompagné plusieurs centaines de familles dans leur recherche d'EHPAD et de maisons de retraite, principalement sur les secteurs des Yvelines, Hauts-de-Seine et Val-d'Oise. Son expertise porte sur l'optimisation des délais de placement, la constitution des dossiers d'admission et la mobilisation des aides financières (APA, ASH, APL). Il intervient régulièrement auprès des CLIC et des services sociaux hospitaliers.